La grue, roulette cassée, est depuis un mois hors service, l'activité portuaire est ainsi réduite comme peau de chagrin. C'est aussi la catastrophe pour ces trois professionnels du nautisme, qui réclament des indemnisations.
La grue, roulette cassée, est depuis un mois hors service, l'activité portuaire est ainsi réduite comme peau de chagrin. C'est aussi la catastrophe pour ces trois professionnels du nautisme, qui réclament des indemnisations. PHOTO/Photo Vé. P.

La casse d'une pièce métallique de la "grue roue-lève" empêche toute mise à l'eau (et retrait). Certains plaisanciers partent ailleurs, les trois professionnels sont en péril.

Évidemment, cette panne ne pouvait pas plus mal tomber, au moment de l'année ou l'activité est au maximum. Pire pour tous ceux qui attendent de pouvoir utiliser cette grue de mise à l'eau, c'est que personne ne sait vraiment quand elle pourra être réparée. La colère et l'incompréhension sont là, les regards accusateurs se tournent vers la SAGA, société gestionnaire du port !

  • Déjà un mois !

L'incident remonte au 10 juin dernier, lorsqu'en pleine manœuvre, une pièce métallique fixant l'une des roues de la grue a cassé. Les gestionnaires du port la SAGA (qui est présidée par le député-maire) et le directeur du port Paul-Henri Jeanjean sont aussitôt alertés, et constatent le problème. "Nous avons contacté le fabriquant de cet engin qui n'est plus en activité. Il faut donc réaliser cette pièce sur mesure. Et c'est là que ça se complique" explique P-H. Jeanjean "il y eut une expertise à Lyon, où sont ressorties des notes de calcul qui doivent être visées par l'Apave avant le lancement de la fabrication. Nous sommes contraints de respecter cette procédure. J'espère que ce sera réglé pour la fin de la semaine prochaine. Pour l'heure, nous faisons face !".

Ponctuellement, une grue non spécialisée effectue durant une journée quelques mises à l'eau. Autre solution provisoire, les propriétaires de bateaux de moins de 7 m qui peuvent effectuer la manœuvre, dans des conditions plus compliquées à la rampe de mise à l'eau (côté Racou), les autres sont obligés de se rendre à Saint-Cyprien ou à Port-Vendres.

Pour ces trois plaisanciers de la région de Toulouse rencontrés hier sur les quais, la décision est prise : "c'est inacceptable ! Pourquoi ne pas mettre une grue de substitution, nous avons décidé de quitter le port d'Argelès, car ce n'est pas sérieux. Et vous savez ce que l'on nous a répondu : que la liste d'attente était si longue qu'il n'y avait aucun problème. C'est pas des manières de faire, nous sommes très déçus".

  • Des professionnels touchés

Alors qu'ils ne sont plus que trois professionnels, Laurent Paillet (Servi plaisance), Maurice Nectou (VDR yachting) et Pascal Grosso (Argelès motor yacht), parlent d'une même voix : "Le temps de réparation et cette carence sont inacceptables ! Une pareille situation c'est du jamais vu, notre perte d'exploitation est monstrueuse, nos activités sont en péril, nous sommes dans le rouge ! Nous demandons depuis un mois, la mise en place d'une grue de substitution capable de répondre aux besoins, on nous propose une grue ponctuellement. C'est pas du boulot ! Ajoutons qu'en plus de ça, si un bateau avait une avarie dans le port, comment faire pour le sortir, c'est actuellement impossible, le danger est pourtant là".

Laurent Paillet précise : "personnellement j'ai une perte d'activité de 1 500 euros par jour, 70 000 euros depuis l'arrêt de la grue, comment se relever de ça, alors que nous n'y sommes pour rien ?" Les trois professionnels expliquent : "nous voulons au plus vite une expertise de la perte d'exploitation et un